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Goma : plusieurs blessés de guerre pris en charge à l’hôpital CEBCA\Ndosho réclament la paix

Parmis les blessés par balles ou par bombardements qui suivent les soins à l’hôpital CEBCA\Ndosho à Goma (Nord-Kivu), figurent plusieurs personnes déplacées provenant des différentes localités de Masisi, de Sake et ses environs. Ils sont soignés grâce au programme chirurgical du CICR. Ce projet prend en charge les blessés de guerre et ceux liés à la criminalité depuis 2010 à Goma. 


Parmi ces blessés se trouvent des jeunes hommes, des femmes et enfants qui sont cloués sur le lit de l’hôpital sans espoir de recouvrer leur mobilité. D’autres ont été même amputés. 

Sans se faire prier, certains ont accepté de raconter leurs tragiques histoires. C’est le cas de Nyandui Martine, 68 ans, qui relate :

Je suis habitante de Kabati, nous avons fuis jusqu’à Sake. C’est à Sake que j’ai été blessée comme ça par balle. J’ai été blessée dans le camp des déplacés.

Comme cette femme sexagénaire, ces personnes vulnérables pour la plupart traversent des situations traumatisantes. Patrick, 28 ans, a perdu toute sa famille.

On vivait normalement jusqu'à ce que l'armée et les rebelles ont commencé à bombarder saké. Du coup un obus est tombé sur notre maison. Je ne sais pas ce qui s'est passé mais je me suis retrouvé à l'hôpital on m'a décapité une jambe et je ne sais pas ce qu'est devenue ma famille. Mais quelqu'un m'a dit il y'a quelques jours que ma femme et mes deux enfants n'ont pas survécu à l'explosion.

En plus d’être victimes des dégâts collatéraux consécutifs aux affrontements, ces déplacés sont très affectés.

De plus, certains ne savent même pas où se trouvent leurs proches après plusieurs vagues de déplacements pour fuir les combats et se mettre à l’abri.

Kubuya Gervais, un habitant de Sake raconte :

J’ai été blessé à la maison alors qu’on voulait se déplacer parce que la guerre était déjà très intense. C’est une bombe qui nous a blessé, nous étions plus de 10, deux sont morts sur place, un autre est décédé en cours de route alors qu’on venait à l’hôpital et les autres sont dans d’autres hôpitaux. J’ai 24 ans et j’étais motard (moto-taxi). Au regard de tout ce que nous avons vécu, nous demandons que la paix dans notre pays et notre cité de Sake ».

Pour l'instant, c'est l'incertitude qui remplit les coeurs des habitants de la partie Est de la RDC, qui voient leurs proches mourir après chaque jour des affrontements entre l'armée régulière et les rebelles du M23. Les victimes de cette guerre, appellent le gouvernement congolais a prendre des mesures sécuritaires, question de dissuader l'ennemi qui jusqu'ici, ne fait que progresser.

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