Accéder au contenu principal

Kinshasa annonce le début des opérations de retrait de la Monusco de la RDC

Le ministre congolais des Affaires étrangères a annoncé ce 13 janvier le retrait de la mission de l'ONU en RDC. Il espère que le processus sera achevé d'ici la fin de l'année 2024. Malgré ses inquiétudes sur les violences persistantes dans l'est de la RDC, le Conseil de sécurité des Nations unies a lancé en décembre le retrait anticipé et progressif de la Monusco, comme réclamé par Kinshasa.


Depuis des mois, le gouvernement congolais demandait le retrait "accéléré" des Casques bleus présents dans le pays depuis 1999, les jugeant inefficaces pour protéger les civils face aux groupes armés.

Lors d'une conférence de presse conjointe à Kinshasa, le chef de la diplomatie congolaise, Christophe Lutundula et la cheffe de la Monusco, Bintou Keita, ont affirmé leur volonté d’œuvrer pour un retrait "exemplaire" de la force onusienne.


1e phase fin avril

La Monusco, qui compte actuellement quelque 13.500 militaires et 2.000 policiers, est encore présente dans les trois provinces les plus troublées de l'est congolais, le Sud et le Nord-Kivu ainsi que l'Ituri.

Son retrait doit s'opérer en trois phases et faire l'objet d'une évaluation régulière dont dépendra la poursuite de sa mise en œuvre. La première phase planifie le retrait complet des Casques bleus du Sud-Kivu d'ici fin avril.

Le processus n'en est pas encore à "voir des militaires monter dans des avions", mais "le retrait a commencé dans le sens où nous sommes à pied d’œuvre", a déclaré le ministre des Affaires étrangères congolais Christophe Lutundula.

Selon Bintou Keita, la première des 14 bases de la Monusco dans le Sud-Kivu sera fermée le 15 février au plus tard et remise aux forces de sécurité congolaises. Il s'agit de celle de Kamanyola, à la frontière burundaise.

L'ONU n'a pas fixé de date limite pour le retrait complet de la Monusco.

"Normalement le 31 décembre nous serons à la fin du processus de retrait", a en revanche indiqué MLutundula. "Nous nous battons pour que tout soit fait à la fin de cette année", a-t-il insisté.

7 millions de déplacés

Le retrait de la Monusco ne signifie pas "la fin de la guerre", a-t-il souligné, en évoquant en particulier "l'agression" dont Kinshasa accuse le Rwanda, qui soutient la rébellion du M23 active depuis deux ans dans le Nord-Kivu. "Le secret, c'est le renforcement de la puissance de notre armée", a estimé le ministre.

La cheffe de la Monusco a de son côté rappelé qu'il y avait en RDC "près de 7 millions de déplacés, dont 5,5 millions dans l'Est" qui ont besoin de protection. C'est un chiffre "faramineux", selon Bintou Keita, qui a appelé "tous les groupes armés à déposer les armes" pour que "ces personnes puissent rentrer chez elles".

Commentaires

Articles les plus consultés

Crise dans l’est de la RDC : le Rwanda «clarifie sa position en matière de sécurité»

Trois jours après un mini-sommet à Addis-Abeba sur la situation dans l'est de la République du Congo (RDC), les autorités rwandaises ont publié un communiqué dans la nuit du 17 au 18 février pour clarifier leur « position en matière de sécurité ». Ce week-end, les États-Unis ont demandé le retrait des forces rwandaises présentes dans l'est de la RDC, et de nouveau accusé Kigali de soutenir les rebelles du M23. Le Rwanda clarifie sa position sécuritaire dans un communiqué publié dans la nuit du 18 au 19 février 2024. Après l’intensification des violences autour de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) ces dernières semaines et les déclarations américaines qui accusent de nouveau Kigali de soutenir le groupe armé du M23, le Rwanda dénonce une menace réelle pour sa sécurité et affirme être prêt à prendre toutes les dispositions pour se défendre. « Le Rwanda se réserve le droit de prendre toutes les mesures légitimes pour défendre son pays . » C’est ce qu’af...